Monthly Archives: March 2014

Les chargé.e.s de mission égalité femmes/hommes expriment leur inquiétude

Les chargé.e.s de mission égalité femmes/hommes du site Grenoble/Savoie expriment leur inquiétude. L’ESPE (Ecole supérieure au professorat et à l’éducation) du site Grenoblois n’a pas pris véritablement en compte la formation des étudiants des master MEEF à l’égalité femmes/hommes. Aujourd’hui rien ne garantit que les futurs enseignant.e.s aient été sensibilisé.e.s, formé.e.s aux mécanisme de production des stéréotypes sexuées dans l’école et par l’école et soient en mesure de réduire les inégalités entre femmes et hommes. Voici le courrier envoyé à la directrice de ESPE, Mme Bettina Debu qui reste  à ce jour sans réponse. Je profite de l’occasion pour  remercier les collègues de l’ARGEF pour leur contribution à ce courrier largement inspiré du courrier réalisé ensemble en juin dernier sur les formations à l’égalité.

Université de Grenoble Alpes

Référent-e-s égalité

à l’attention de Bettina Debu,

Directrice de l’ESPE

 Lundi 10 février 2014

Madame la Directrice de L’ESPE, chère collègue,

En tant que référent-e-s égalité femmes/hommes de nos universités (l’UJF, l’UPMF, l’Université de Savoie et l’Université Stendhal), nous commençons à nous réunir depuis le début de l’année pour orienter notre travail ensemble.

Connaissant votre souci sur ces questions, nous souhaiterions pouvoir apporter notre contribution à la réflexion sur l’intégration d’enseignements relatifs à la question de la formation à l’égalité entre  les femmes et les hommes, pour les futur.e.s enseignant.e.s. Nous intervenons avec des compétences et des priorités différentes, que nous nous proposons de mobiliser pour conforter les objectifs des ESPE en ce domaine. En œuvrant de manière collective, il nous semble que nous pourrons donner plus de poids à la question de la parité sur le site, et travailler en synergie avec l’ESPE.

Nous nous permettons, par ce courrier, de souligner certains points du contexte actuel qui nous semblent importants et dont sans aucun doute, vous avez pu aussi mesurer la densité.
Ainsi, le gouvernement a affirmé son souci de faire de l’école un vecteur clé de la promotion de l’égalité entre les sexes. Monsieur Vincent Peillon, Ministre de l’Éducation nationale, et Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes écrivaient dans une tribune parue dans Le Monde du 25 septembre 2012 : « L’égalité [doit être] au cœur de la refondation de l’école ».

Par ailleurs, la convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes dans le système scolaire signée le 7 janvier 2013 s’est fixée trois chantiers prioritaires : -acquérir et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes, renforcer l’éducation au respect mutuel et à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, s’engager pour une mixité plus forte des filières de formation et à tous les niveaux d’étude.

Dans la loi pour la refondation de l’école de la République votée le 19 mars 2013, il est également indiqué que l’égalité entre filles et garçons à l’école fait partie des priorités gouvernementales. Pour y parvenir, il s’agit alors de former tous les acteurs et toutes les actrices du système éducatif. Le rôle de l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education est de ce point de vue déterminant pour organiser « des formations de sensibilisation à l’égalité et à la lutte contre les discriminations » et faire en sorte que les futur-e-s enseignant-e-s comprennent que les stéréotypes sexués engendrent des discriminations qui contribuent à la fabrication des inégalités entre les sexes.

Une feuille de route intitulée « Mixité et professionnalisation des enseignant-e-s dans le cadre national des formations liées aux métiers du professorat du premier et du second degré et de l’éducation » a été élaborée par l’ARGEF et remise à Monsieur Daniel Fillâtre, afin d’aider les responsables des master à introduire cette thématique dans les masters.

Pour autant, nous savons bien que cette introduction ne se fera pas facilement, dépendant encore trop souvent des implications personnelles des un-e-s et des autres. Nous savons bien aussi que, à la rentrée 2013, dans bien des cas, les étudiant-e-s inscrit-e-s dans le master MEEF du site Grenoblois ne bénéficient pas de cours sur les problématiques de la mixité et de l’égalité filles / garçons.

Notons enfin que cette polémique qui enfle sur le soi-disant enseignement de la “théorie du genre” à l’école donne une opportunité d’intervention académique supplémentaire. Les ABCD de l’égalité, qui visent à éduquer à l’égalité garçon-fille et à travers elle à lutter contre les discriminations sexuelles, font l’objet de violentes critiques et de rumeurs. Cela montre combien les enseignants se trouvent en difficulté pour rendre explicite aux parents d’élèves les choix de société portés par la loi, cela montre aussi combien il sera important de leur donner l’opportunité d’une solide formation aux études sur le genre, à la gestion de l’égalité au sein de leur classe.

Pour conclure ce panorama un peu rapide, nous pensons que le chantier est plus largement ouvert encore que ces dernières années et que la généralisation de la prise en compte de la thématique de l’égalité en éducation est loin d’être accomplie.

Le contexte, les orientations ministérielles, les sollicitations du recteur de Grenoble (qui a demandé un bilan des actions en matière d’égalité femmes/hommes) nous semblent autant d’ingrédients favorables à une action collective, pour faire avancer ensemble ce chantier, pour lequel nous œuvrons depuis longtemps, chacun, chacune, de façon diversifiée.

Nous souhaiterions donc pouvoir en discuter avec vous et sollicitons par ce mail, un rendez-vous  avec vous, sur ce point.

Recevez Madame, nos très sincères salutations.

Les référent-e-s égalité femmes/hommes

Pour l’UJF, Christine Fourny

Pour l’UPMF, Xavier Long

Pour l’Université de Savoie, Fabienne Gillonnier

Pour l’Université Stendhal, Mireille Baurens

Une tribune à l’Université de Savoie pour soutenir les études du genre

Les études de genre, la recherche et l’éducation :

la bonne rencontre

Et le texte de la pétition nationale, à lire là :  Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre et à signer petitionpublique.fr.

Des enseignantes et des enseignants de la maternelle à l’Université,

des chercheuses et des chercheurs, des étudiantes et des étudiants réagissent et appellent au soutien de toutes et tous.

 

Cette pétition est ouverte à toutes et à tous.

Pour signer en ligne : http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2014N45876

 

 

Depuis quelques jours, les élèves et les parents d’élèves sont harcelés de mails et de SMS provenant d’associations extrémistes qui propagent la rumeur selon laquelle, parce que « le genre » est introduit dans les programmes scolaires, leurs enfants seraient en danger à l’école. Non seulement cette manœuvre de déstabilisation des parents est révoltante (les enfants ont été privés d’école), mais, de plus, cette rumeur est totalement mensongère. Depuis plusieurs jours également, les propos les plus extrémistes circulent, dans les rues ou sur les réseaux sociaux, réveillant les haines envers les homosexuels, les juifs, les féministes, les professeurs des écoles appliquant l’ABCD de l’égalité, les chercheurs en études sur le genre, tous présentés comme des ennemis de la société.

 

Face à ces propos dangereux, face aux risques de dérives extrémistes, nous, enseignant-e-s, étudiant-e-s, chercheur-e-s, souhaitons prendre la parole, rappeler la réalité des pratiques éducatives et scientifiques d’aujourd’hui, et appeler au soutien de nos concitoyens et concitoyennes, de toutes les régions de France, de toutes les origines, de toutes les cultures.

 

NON, les enfants ne sont pas en danger. Non, il n’y aura pas de projection de films « sexuels » à l’école, et les garçons ne seront pas transformés en filles (ni inversement).

 

NON, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas, mais, oui, les études de genre existent. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives. On n’est pas homme ou femme de la même manière au Moyen-Âge et aujourd’hui. On n’est pas homme ou femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie. On n’est pas homme ou femme de la même manière selon qu’on est cadre ou ouvrier. Le genre est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences.

 

OUI, les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les stéréotypes de sexe, car l’école, le collège, le lycée sont les lieux où les enseignants promeuvent l’égalité et la tolérance, où les enfants apprennent le respect des différences (culturelles, sexuelles, religieuses). « Vati liest die Zeitung im Wohnzimmer. Mutti ist in der Küche. » (Papa lit le journal au salon. Maman est à la cuisine). Voilà comment des élèves de collège apprenaient l’allemand, à travers les aventures de Rolf et Gisela, dans les années 1980. Réfléchir sur le genre, c’est réfléchir sur les effets de ce type de messages.

 

OUI, l’école est le lieu où l’on permet à chacun, par les cours de français, d’histoire, de SVT, d’éducation civique, d’éducation physique, de réfléchir sur les conséquences néfastes des idées reçues et d’interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés au cri de « pédés » dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde. Oui, l’école est le lieu où l’on permet aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes.

 

Les études de genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et le CNRS, et elles ont des utilités nombreuses dans l’éducation et la lutte contre les discriminations : ces études et ces travaux existent à l’université depuis longtemps. Nombreuses sont les académies à organiser des journées de formation sur ces thèmes ; nombreuses sont les universités à offrir des cours intégrant le genre : en sociologie, en sciences de l’éducation, en anthropologie, en biologie, en sciences économiques, en philosophie, en histoire, en littérature, etc. Des séances de sensibilisation aux questions d’égalité entre les sexes font partie du parcours de formation des enseignants du primaire et du secondaire.

 

En permettant aux élèves de constater la diversité des familles actuelles, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles offrent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, la liberté de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.
Vous pouvez signer la pétition la pétition EN LIGNE.

“1 femme sur 5 est touchée par le harcèlement sexuel au travail”


Le défenseur des droits publie une enquête inédite depuis 1991 sur le harcèlement sexuel au travail qui touche encore aujourd’hui 1 femme sur 5.

Vous pensez être victime d’harcèlement au travail ce qu’il faut savoir.Capture d'écran 2014-03-11 21.35.38

Capture d'écran 2014-03-11 21.36.47

Toutes les informations relatives aux actions possibles sont accessibles sur le site suivant:

http://www.defenseurdesdroits.fr/connaitre-son-action/la-lutte-contre-les-discriminations/actualites/harcelement-sexuel-au-travail

Enquête sur le harcèlement sexuel au travail

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A. Définitions

La loi du 6 août 2012 a introduit une nouvelle définition du harcèlement sexuel dans le Code pénal (art. 222-33, voir encadré ci-après), le Code du travail (art. L1153-1) et le Statut général des fonctionnaires (loi n° 83-634 du 13/07/1983, art. 6-ter), explicitée par la circu- laire de la Chancellerie du 7 août 20121.

Le harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel est ainsi : tout comportement (propos, gestes, écrits…) à conno- tation sexuelle imposé à une personne de manière répétée (au moins deux fois). Le refus de la victime n’a pas à être explicite, mais peut « résulter du contexte dans lesquels [sic] les faits ont été commis, un faisceau d’indices pouvant ainsi conduire le juge à retenir une situation objective d’absence de consentement » (Circulaire du 7 août 2012).

Pour être considérés comme du harcèlement sexuel, il faut que les comportements portent atteinte à la dignité de la personne (comme les « propos ou comportements ouvertement sexistes, grivois, obscènes ») ou créer une situation qui « rend insuppor- table les conditions de vie, de travail ou d’hébergement » (Circulaire du 7 août 2012).

Par ailleurs, est assimilé au harcèlement sexuel : le fait de faire pression, même une seule fois, sur une personne dans le but réel ou supposé d’obtenir des actes sexuels.

C’est ce qu’il est couramment appelé « chantage sexuel » que la loi assimile au harcèle- ment sexuel : imposition d’actes sexuels en échange d’un emploi, d’une promotion, d’un maintien d’avantages ou au contraire pour éviter des sanctions. 

 

Pour des informations complémentaires, l’association Clasches a produit un document spécifique au harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur.

http://www.clasches.fr/sites/clasches.fr/files/clasches_guide-harcelement-sexuel-2014_web-bd.pdf

 

Egalité professionnelle et l’entreprise

Capture d'écran 2014-03-11 15.58.58L’université de SAVOIE a accueilli dans ses locaux le séminaire de travail de Force ouvrière sur l’égalité Professionnelle.

Programme de la soirée du 07 mars 2014
Amphithéâtre de l’Université – Rue Maroc à Chambéry – 18h00 / 20h00

Intervention de Mme S. David-Clermont Délégué Défenseurs des Droits
(notion de salaire égal pour un travail de valeur égale)

Intervention de Mme F. Gillonnier de l’Université de Savoie
(analyse des deux domaines :en direction du personnel & enseignants et élève =. Responsabilité de l’Eduction Nationale d’inculquer aux élèves les valeurs de l’égalité)

Intervention de Mme S. Le Corre d’Aravis Aravis 5 mn
(Analyse de la partie « égalité professionnelle » contenues dans les bilans sociaux et les volets « égalité-professionnelle » des accords des N.A.O. et leurs suivis, éléments relatifs à la région ou au département)

https://www.youtube.com/watch?v=38TA4te6Dlg