Les femmes et le pouvoir dans les associations des étudiant-e-s

Voici un lien vers une étude  d’Animafac . Les chiffres obtenues montrent que les associations étudiant-e-s sont majoritairement présidées par des garçons.

Penser l’égalité femmes/hommes à l’Université ce serait aussi peut-être accompagner les étudiant-e-s vers une réflexion sur la question de la place des filles et des garçons dans la gouvernance des associations.

En voici les principales conclusions

“Engagement et prise de responsabilité : des variations selon le genre

Si l’on n’observe pas de distinction nette en termes de « motivation à s’engager », la conception même de cet engagement semble varier en fonction du genre. Si le projet de l’association est pour tous le moteur principal, les femmes vont mettre davantage l’accent sur le sens du projet associatif là où les hommes vont être plus soucieux du rôle qu’ils peuvent y jouer. Ce qui place d’emblée une possible différence dans la manière d’appréhender le pouvoir.

Concernant la prise de responsabilité à proprement parler, le secteur d’activité2 apparaît par ailleurs comme un facteur d’influence sur l’implication des femmes dans des postes de direction. On distingue ainsi des thématiques plus investies par elles dans les postes à responsabilité comme les droits de l’homme (53 %), l’environnement et le développement durable (53 %), la lutte contre les discriminations (54 %) et de façon très marquée la prévention des risques (65 % des postes à responsabilité y sont occupés par des femmes).

Cette étude fait également ressortir que le type d’établissement (école ou université) a une incidence sur la composition des bureaux associatifs, reliant ainsi la situation des associations étudiantes à une problématique plus large, relative à l’orientation selon le genre et à la détermination des choix d’études selon la définition des rôles sociaux ancrée dans notre société.

Enfin, si les femmes ne sont pas nécessairement plus nombreuses à hésiter avant de prendre un poste à responsabilité dans l’association, les motifs qui les amènent à hésiter ne sont pas les mêmes que pour les hommes. Une étude réalisée en 2010 par le cabinet Asdo-Études3 pour Animafac sur Les Responsables associatifs étudiants et la formation, faisait déjà ressortir que la question des compétences était un motif d’hésitation plus fort chez les femmes avant leur prise de responsabilité quand chez les hommes dominait plutôt la crainte de manquer de temps.

La gouvernance des associations étudiantes : terreau favorable à un meilleur équilibre femme-homme ?

L’inégalité entre les femmes et les hommes n’est pas une préoccupation majeure pour la plupart des associatifs étudiants. La principale raison invoquée est le fait de n’avoir jamais été confronté directement à une discrimination liée au sexe.

Les responsables associatifs étudiants interrogés prétendent appartenir à une génération pour laquelle l’idée d’égalité entre les sexes est un fait acquis. Cependant des inégalités persistent, y compris donc dans les associations étudiantes. Pourtant ces dernières, par leur gouvernance, ont les moyens d’évoluer vers une plus grande parité.

Diriger y signifie d’abord impliquer, faire vivre un projet en permettant aux membres de s’en saisir. Si la grande majorité des associations reste structurée selon le schéma classique d’une Assemblée générale qui élit un conseil d’administration au sein duquel est désigné un bureau, les rôles au sein de celles-ci ne sont pas pensés pour être figés et ne sont pas vécus comme tels. Ne pas être membre du bureau n’est pas synonyme de privation d’un droit à l’initiative, chaque membre pouvant apporter ses idées et se voir attribué la responsabilité d’un projet. On est loin d’une vision classique du pouvoir, hiérarchisée, dans laquelle les femmes ne se reconnaîtraient pas et qui tendraient à les éloigner des postes de directions4.

Ce type d’organisation a pour conséquence que l’un des moteurs essentiel de la prise de responsabilités et de l’accès à des postes dirigeants est la parole. Le pouvoir se prendrait ainsi par les mots. Ce qui peut constituer un frein pour certaines personnes. Autre paradoxe, si le poste de dirigeant n’est pas sacralisé, il nécessite un engagement fort et une certaine omniprésence dans l’association, renvoyant alors à une vision quasi « sacrificielle » de l’engagement. Or, cette injonction à une grande disponibilité pour prétendre diriger, que les associations étudiantes ne remettent pas en cause, peut constituer, au plan individuel, un frein dans l’accès à des responsabilités futures, dès lors qu’apparaissent les obligations familiales (qui restent encore aujourd’hui principalement assumée par les femmes).

Donner une vision claire du fonctionnement de l’association, une définition précise des postes, tout en conservant une souplesse de fonctionnement favorisant le travail collectif, semble favoriser une plus grande égalité dans l’accès aux responsabilités, tout autant bénéfique aux hommes qu’aux femmes.

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